AMORIS LAETITIA: LA POLOGNE DIT NON À LA COMMUNION DES DIVORCÉS-REMARIÉS

La Conférence Espiscopale Polonaise, réunie à Zakopane, a décidé à l'unanimité que sur base d'Amoris Laetitia, les divorcés-remariés qui ne vivent pas comme frère et soeur ne peuvent pas recevoir l'eucharistie.

Cette décision, la première du genre prise par une conférence épiscopale, officialise l'état de crise de l'Eglise catholique. Une crise que seule une parole claire de la seule personne habilitée - le Pape - pourrait résoudre.

Certains évêques, comme ceux du Kazakhstan, de l'Alberta ou des Territoires du Nord Ouest canadien avaient également décidé sur base d'Amoris Laetitia que l'eucharistie ne pouvait pas être donnée à ceux qui vivaient more uxorio alors que leur premier mariage était encore valide et de nombreux évêques ont suivi la même direction.

Cependant, la décision de la Conférence Episcopale Polonaise est importante à plus d'un titre. Tout d'abord parce qu'il s'agit d'une Eglise encore florissante et vivante, à la différence des autres Eglises d'Europe Occidentale (comme la Belgique et l'Allemagne) qui semblent affligées par ces mêmes germes qui ont porté à la quasi-disparition des Eglises protestantes de leurs pays. C'est-à-dire le désir de récupérer les fidèles par une campagne marketing basée sur l'esprit de la culture dominante. Mais aussi parce qu'il s'agit de l'Eglise qui a fourni le dernier saint pape de l'histoire, celui qui - avec Benoît XVI - a forgé les outils de foi et de culture nécessaires pour affronter la tempête dévastatrice de la sécularisation.

Il est difficile de ne pas voir qu'à ce stade, à plus d'un an de sa publication, Amoris Laetitia constitue une blessure ouverte dans le corps de l'Eglise à tous les niveaux: cardinaux, évêques, théologiens, experts et même simples fidèles. Pour quelqu'un qui, comme l'auteur de cet article, entretient un contact permanent sur les réseaux sociaux avec des personnes de toutes origines et de tous chemins de vie, c'est quelque chose de flagrant.

Refuser de voir qu'il y a un problème relève aussi de l'idéologie, contrairement au fait de poser des questions à celui qui a la responsabilité d'y répondre. Si pas en public, au moins en privé. Et si ceux qui doutent sont ensuite convaincus par l'explication de Pierre, ils n'hésiteront certainement pas à le dire publiquement eux-mêmes. Mais après la prise de position d'une Conférence Episcopale toute entière, de cette dimension et de cette importante, il n'est plus possible de faire semblant de rien.

Source: Marco Tosatti, vaticaniste à La Stampa
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