Le Cardinal persiste et signe. Lors d'un Congrès international sur la Liturgie à Milan, il ne craint pas d'aborder les questions qui fâchent: attaques pesantes contre Benoît XVI, célébration de la messe "vers l'Orient", agenouillement devant le Saint-Sacrement, réception de la communion sur la langue..

La Pape a dû entendre ses oreilles siffler.

Le cardinal Sarah s'en est pris d'abord expressément (quoique sans le nommer) à Andrea Grillo, le "théologien" ami de François qui avait attaqué violemment Benoît XVI pour avoir osé écrire une préface à son livre.

Mais ce n'est pas tout. 


On se rappelle peut-être qu'à la suite d'une conférence sur la liturgie que le cardinal avait donnée à Londres en juin 2016, où il avait déjà évoqué la célébration de la messe "versus orientem", le Père Lombardi (qui arrivait au terme de ses fonctions comme porte-parole du Saint-Siège ) s'était hâté de faire une mise au point, qui équivalait à un désaveu nstantané de ses propos par le Pape lui-même. 
Le communiqué de presse publié alors évoquait la "volonté expresse" de François que:

«la forme extraordinaire, qui a été permise par le pape Benoît XVI, ne prenne pas la place de celle 'ordinaire'[...] il vaut mieux éviter d’user de l’expression "réforme de la réforme", en se référant à la liturgie, puisqu’elle a été parfois source d’équivoques. Tout ceci a fait l’objet d’un commun accord au cours d’une récente audience concédée par le pape au même cardinal Préfet de la Congrégation du Culte Divin»

COMMUNION DANS LA BOUCHE ET À GENOUX
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«Aujourd'hui, je voudrais expressément proposer de réfléchir et de promouvoir la beauté, le caractère approprié et la valeur pastorale d'une pratique développée au cours de la longue vie et de la tradition de l'Eglise, à savoir, l'acte de recevoir la sainte communion sur la langue à genoux. Si saint Paul nous enseigne que "au nom de Jésus, que tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et en enfer» (Ph 2:10), combien plus devons-nous plier les genoux lorsque nous recevons le Seigneur dans l'acte sublime et intime de la Sainte Communion».

Pour réfléchir à cette question tellement délicate, le cardinal a proposé à l'assistance l'exemple de deux saints, Jean-Paul II et Mère Teresa de Calcutta. «Toute la vie de Karol Wojtyla a été marquée par un profond respect pour la sainte Eucharistie. (...) Aujourd'hui , je vous demande simplement de repenser aux dernières années de son ministère, un homme marqué dans son corps par la maladie, mais Jean-Paul II n'est jamais resté assis devant l'Eucharistie. Il s'est toujours imposé de se mettre à genoux. Il avait besoin de l'aide des autres pour plier les genoux, puis se relever. Jusqu'à ses derniers jours , il a voulu nous donner un grand témoignage de la vénération du Saint-Sacrement».

Mère Teresa touchait «certainement chaque jour le "corps" du Christ présent dans les corps dévastés des plus pauvres. Cependant, avec émerveillement et une vénération respectueuse, elle a décidé de ne pas toucher le Corps du Christ transsubstantié. Au lieu de cela, elle l'adorait. Elle le contemplait en silence. Elle se mettait à genoux et se prosternait devant Jésus dans l'Eucharistie. Et elle la recevait comme un petit enfant humblement nourri par son Dieu. Voir des chrétiens recevoir la sainte communion dans la main la remplissait de sa tristesse et de douleur. Elle-même disait: "Quand je vais dans le monde, la chose qui m'attriste le plus est de voir les gens recevoir la communion dans leurs mains"».

Sarah s'est dit conscient du fait que «la législation actuelle contient l'indult pour recevoir l'Eucharistie debout et dans la main, mais la recevoir à genoux et sur sa langue est la norme des catholiques de rite latin». 

http://benoit-et-moi.fr/2017/actualite/quand-le-cardinal-sarah-defie-le-pape.html